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29/01/2005

Lost paradise

C'est le titre du prochain jeu vidéo de Benoit Sokal (oui, oui, celui de Canardo). Après l'Amazonie et la Sibérie, c'est en dans une Afrique à mi-chemin entre réel et fantaisie qu'il nous entraînera à partir de l'automne prochain. Comme d'habitude, ses esquisses préparatoires sont superbes. Je ne peux que vous recommander d'aller faire un tour sur le site de la boîte de productions qu'il a monté pour l'occasion : White Birds Productions




A venir

Pour dès que j'aurai un peu de temps mes impressions sur le dernier Bordage (excellent comme toujours !) et La grande faucheuse de James Morrow (lecture en cours).

Au noter, une interview récente de Bordage sur la liste de discussions Mauvais genre
Il y indique entre autre bonnes choses ses projets en cours :

"Le troisième volet de la Trilogie des Prophéties, à paraître au Diable Vauvert, après L’Evangile du Serpent et l’Ange de l’Abîme — retour donc à l’anticipation pure et dure. à paraître au mois de mai 2005, pas encore de titre. Et puis la suite de l’Enjomineur — 1793 — à paraître au mois d’octobre 2005. Plus quelques nouvelles, çà et là. Je suis en train de mettre en place un site Internet plus réactif, sur noosfere.org, sites d’auteurs hébergés, et j’essaierai de donner plus d’informations sur l’évolution de mes projets, les parutions et mes éventuels déplacements."


Rhââ Lovely, comme dirait l'autre !

26/01/2005

Action OGM sur Lorient

Un cargo, le Golden Lion, est attendu au port de Lorient. Il transporte 32000 tonnes de tourteaux de soja utilisé dans l'alimentation animale. Le cargo a été "intercepté" en mer par l'Esperanza, un des bateaux de Greenpeace. Un appel à un rassemblement pacifique au port de commerce de Lorient ce vendredi 28 janvier a été lancé. Il y aura Greenpeace, la Confédération Paysanne, les faucheurs volontaires, et l'appel a été relayé au niveau local par les Verts et la LCR. Un covoiturage au départ de Rennes est organisé vendredi matin à 6h30 (départ à 7h) sur le parking du centre commercial Alma. Un article sur le site de Greenpeace pour faire le point.

L'appel a été relayé ce midi par France 3 Ouest dans le 12-14. Ils sont plutôt bons dans cette édition régionale pour couvrir les sujets liés à l'environnement. Un bon point pour eux.

22/01/2005

Les portes de la gloire

Hier soir donc, c'étaient "Les portes de la gloire" avec Benoît Poelvoorde (qui a participé au scénario), Etienne Chicot, Yvon Back, Julien Boisselier, et Michel Duchaussoy (vu récemment dans l'excellent "La mentale").

Le film suit les pérégrinations d'un groupe de démarcheurs de la société Pégase Diffusion. Si vous habitez dans un quartier ouvrier du nord de la France, vous avez toutes les chances de voir passer cette fameuse bande. Ils sonneront chez vous et tenteront de vous vendre leur collection de livre du moment pour la modique somme de 599 fr le volume. Et peut-être aurez-vous droit à une ristourne de 20 % si le patron est gentil ! Je ne connais pas du tout le milieu de la vente à domicile, mais les personnages ressemblent bizarrement aux commerciaux des SSII que l'on peut rencontrer sur Rennes. Mêmes trucs d'arnaq... de vendeurs, même humour bien gras, et même absence de respect pour leurs pigeo... leurs clients. Bref, le scénar fait mouche, les dialogues sont terriblement bien écrits, les personnages sont écoeurants et pathétiques, jsuqu'à en devenir - parfois - émouvants.

Pour continuer avec mes associations d'idées, les techniques de manipulation utilisées par les représentants pour plumer les pauvres (j'allais dire chomeurs, mais ils peuvent tout aussi bien travailler pour un salaire de misère) chez qui ils se rendent m'ont fait penser au film "Attention danger travail" de Pierre Carles. Un jeune homme racontait comment il avait été démarcheur pour vendre des salons/canapés et le dégout qui l'avait fait arrêter : en les manipulant, il faisait s'endetter de pauvres gens sur 20 ans pour du mobilier dont ils n'avaient pas besoin !

A propos de manipulations et de techniques de "commerciaux", je recommande très vivement le fabuleux bouquin "Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens" de Beauvois et Joule aux Presses Universitaires de Grenoble. Ce livre se lit vraiment très agréablement et donne beaucoup d'indications sur les méthodes (de voyou !!) dont le passant ordinaire est régulièrement victime. C'est un livre de salubrité publique.

Tout chaud...


Histoire de dire...
La première bande-annonce des 4 fantastiques vient de sortir. Film prévu aux Stazunis pour le 1er juillet.

20/01/2005

Les batailles de l'or vert

Et hop ! Annonce télé. Terra economica, que je me mets à apprécier, indique parmi d'autres, le programme suivant : Les batailles de l'or vert. Il s'agit d'une série documentaire en 3 épisodes. Le premier était diffusé la semaine dernière (fraiche l'info, fraiche !), le second aujourd'hui même (pas vu, donc pas pris), et le dernier épisode intitulé "Les chamans du futur" sera diffusé la semaine prochaine.

Voilà le programme !

Les chamans du futur - Pour les pays pauvres, l’accès aux soins coûte cher. Outre les médicaments, des solutions moins onéreuses et efficaces existent. En montrant l’émergence d’une capacité de ces pays à devenir de vrais acteurs du marché des médicaments, ce film montre la place occupée, au sein de la médecine, par les plantes locales dans de nombreux pays du Sud. Au Bhoutan, la médecine est enseignée et intégrée au système de santé et les plantes médicinales sont perçues comme un moteur du développement. Au Vietnam, des partenariats avec l’étranger se nouent. La Chine mène des recherches sur les principes actifs de ses plantes et cherche à exporter ses médicaments traditionnels... Documentaire de 51 minutes, écrit par Michèle Decoust et François Le Bayon. Jeudi 27 janvier, 15 h 45, France 5 (Programme sous-titré par télétexte pour les sourds et les malentendants).

Kikuyus et Kirinyaga

C'est en lisant un article de Wangari Maathai, Prix Nobel de la paix 2004, dans le dernier numéro de l'Ecologiste (le n° d'octobre - novembre - décembre qui vient de paraître en janvier !!), que je repense à Mike Resnick.

Voilà pourquoi :

Wangari Maathai est une kenyane qui a été récompensée pour son action au sein du Green Belt Movement pour la reforestation de son pays. Elle explique que le Mont Kenya est une montagne sacrée pour les Kikuyus, peuple dont elle fait partie. Les Kikuyus pensaient que leur Dieu habitait la montagne et qu'ils lui devaient les pluies et les rivières qui en provenaient.

Les Kikuyus, c'est aussi l'ethnie au centre de "Kirinyaga", recueil de nouvelles de Mike Resnick. Koriba, le personnage central que l'on retrouve dans toutes les nouvelles, est un intellectuel kikuyu. Il est le fondateur de Kirinyaga, une colonie utopique mise en place sur un planétoïde terraformé. Devenu le mundumugu, c'est à dire le sorcier de cette colonie, il devra faire face aux peurs, aux envies, et aux querelles qui menacent la stabilité de Kirinyaga. Les nouvelles sont très agréables à lire, chacune relevant un aspect problématique de l'utopie "fermée" qu'est le retour à la Tradition et dont Koriba est le gardien. L'idée au centre de ce formidable recueil de nouvelles est que toute utopie porte en soi le germe de sa disparition. En effet, comment refuser à une petite fille surdouée de lire sous prétexte qu'elle n'en a pas le droit ? Que faire quand elle apprend toute seule ? Cette nouvelle, la plus marquante à mon avis, montre bien que ce ne sont pas forcément des forces négatives qui "attaquent" l'utopie du retour aux sources. J'ai vraiment beaucoup apprécié ce livre, lu il y a peut-être un an de ça.

Je suis assez d'accord sur l'idée qu'a transmis Mike Resnick par rapport à l'utopie et à son irrésistible implosion. Je voudrais pourtant la nuancer : le retour aux sources et à la tradition tel qu'il est pratiqué et préché par Koriba dans le livre est une utopie "fermée" en ce sens qu'elle se réfère à un ensemble de pratiques et croyances arrêtées. Par réaction au monde technologique capitaliste qui a détruit son ethnie, Koriba établit un dogme et cherche à arrêter le temps. Ce qui s'avère voué à l'échec. Je pense cependant qu'une utopie "ouverte", fondée sur des principes humanistes de respect de l'Autre et de dialogue (l'anarchie telle que je me la représente), n'est pas vouée à l'échec de la même façon. Les écueils sont sans doute au moins aussi nombreux, mais ils sont différents.

C'est la voie qu'explore Ken McLeod dans La division Cassini et le sujet d'une future chronique.

Remarque : Kikuyus et Kirinyaga après Kanux et Klaktonclown, ça fait beaucoup de K dans les titres...

19/01/2005

Walt Disney et le trésor des templiers

Tant que j'y pense encore... Je suis allé voir hier "Benjamin Gates et le trésor des templiers" avec entre autres Nicolas Cage. J'en avais lu, je ne sais déjà plus où, des critiques plutôt positives. J'en suis ressorti plutôt déçu. L'histoire est sympathique, on ne s'ennuie pas trop, mais voilà... c'est du Disney. On a donc un divertissement familial qui se laisse regarder, mais qui s'oublie vite. Un peu plat tout ça. Le méchant, joué par Sean Bean (le Boromir du seigneur des anneaux), ne fait pas peur, et le flic du FBI, joué par un Harvey Keitel dont ça fait quand même plaisir d'avoir des nouvelles, n'a pas l'air de trop se stresser. Bref, ce n'est pas à mon avis le digne successeur d'Indiana Jones.

Un remède de cheval ou le renard dans le poulailler

Malgré le titre de cette note, ce n'est pas à une chronique animalière que je vous convie.

Je viens de lire la première partie de la traduction de l'article de Naomi Klein intitulé "Bagdad Année Zéro", paru en anglais dans l"édition de septembre 2004 du Harper's Magazine. Pour les anglophones, c'est ici. Et pour les francophones, c'est dans Terra economica, et j'en parlais ici.

L'article explique l'action de l'administration américaine en Irak au niveau économique. Paul Bremer a été à la tête de l'occupation américaine du 2 mai 2003 au 28 juin 2004. Sa première décision a été le renvoi de 500 000 fonctionnaires irakiens. Les militaires bien sûr, mais aussi des médecins, infirmiers, professeurs, éditeurs et imprimeurs. Il a dans la foulée ouvert les frontières du pays aux importations. Puis ce sont les 200 entreprises d'Etat qui produisaient les biens nécessaires au fonctionnement du pays avant la guerre qui ont été privatisées.

Ce n'était qu'un début :
- le décret 37 a fait passé l'impôt sur les sociétés de 15 à 40 % ;
- le décret 39 a autorisé les compagnies étrangères à posséder 100% des actifs irakiens, sauf dans le secteur des ressources naturelles, à faire sortir 100 % des bénéfices réalisés sans obligation de réinvestir sur place et net d'impôt , et à signer des contrats et des baux de 40 ans ;
- le décret 40 a donné les mêmes avantages aux banques.

Naomi Klein cite Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie et ancien économiste en chef de la Banque Mondiale, qui qualifie l’action de Bremer "de thérapie de choc encore plus radicale que celle poursuivie dans l’ancienne Union soviétique."

Je crois qu'on a là une illustration parfaite de la liberté du renard dans le poulailler. Je suis déjà profondément dégoutté par ce que je viens de lire, et ce n'est que la première partie de l'article ! J'ai une pensée pour tous les morts et blessés en Irak, quels qu'ils soient : hommes, femmes, enfants, civils, militaires, irakiens, américains.
En cherchant leur nombre, je tombe ici sur cette étude du journal médical The Lancet publiée en ligne le 29 octobre 2004 et qui estime à 100 000 le nombre de victimes civiles irakiennes depuis l'invasion. Le chiffre de 100 000 victimes écrase toute perception humaine de l'ampleur du désastre. Je crois qu'on ne peut pas se rendre compte vraiment de la signification d'un tel chiffre. Et si on décortique les mots, on se rend compts qu'il s'agit des victimes civiles (ce qui exclut les militaires) irakiennes (ce qui exclut les américains). L'étude datant de quelques mois, et compte tenu des limitations de son champ d'investigation, le nombre total actuel de victimes est sans doute beaucoup plus important. Il est sans doute du même ordre de grandeur que pour les victimes du Tsunami.

Ca me rapelle le titre du thema sur Arte l'autre soir : Puissance de la nature - Impuissance de l'homme. Pas si impuissant que ça l'homme quand il se donne les moyens de... tout détruire !

L'équilibre des paradoxes

medium_pagel-equilibredenoel.jpgHier soir, j'ai terminé L'équilibre des paradoxes de Michel Pagel dans la collection Lunes d'encre de Denoël. Il s'agit d'une édition "intégrale" qui ajoute au roman une nouvelle intitulée "L'étranger".

Il s'agit d'un roman un peu difficile à qualifier, entre science-fiction (voyage dans le temps oblige), steampunk (l'action se déroule en 1905), et feuilleton d'aventure par le style qu'a adopté Michel Pagel. En effet, l'action est retranscrite à partir des journaux intimes ou mémoires de quatre protagonistes de l'histoire avec la manière d'écrire qui correspond à chaque support et qui reflète la personnalité des personnages. On est donc plongé dans l'ambiance de ce début de siècle (ah, les Brigades du tigre !!) où la volonté de revanche entre français et allemands est palpable, où le socialisme de Jaurès allie volonté de progrès social et pacifisme, et où il est du dernier chic d'être de noble descendance.

L'histoire du roman débute avec l'apparition "incroyable" de personnages qui ne sont pas de cette époque : un soldat de l'armée d'Attila, un cyborg, une jeune femme de 1969, etc. D'où viennent-ils ? Pourquoi arrivent-ils tous en Bretagne à quelque semaines d'intervalle ? Quel mystère se cache derrière ces différentes apparitions ? Et quelles en sont les conséquences pour l'Histoire ? C'est à ces questions que les personnages que l'on suit sous la plume alerte de Michel Pagel vont avoir à répondre.

On se laisse entraîner dans ces aventures sans bouder son plaisir. Le style léger nous entraîne au grès des péripéties, passant des bras de prostituées d'un bordel parisien aux mains de pirates turcs en Méditerranée. Le temps passe très vite et au moment de refermer le livre, on se prend à regretter que tout soit déjà fini. Un livre d'aventures très agréable à déguster le temps d'une parenthèse hors de notre monde.

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